• Un post instagram, de la collègue Un tour en ULIS, hier, m’a rappelé que l’orientation des élèves à besoin éducatif particulier est un véritable problème dans notre chère éducation nationale.

    Peu de personnes le savent, mais il y a un manque criant de moyens, d’humanité et de bienveillance dans notre système.

    Un élève qui sort d’ULIS école ne va pas forcément en ULIS collège. Quelques choix existent, ils peuvent aller en SEGPA et d’ailleurs très bien réussir, aller en ULIS collège ou dans une autre structure adaptée.

    Malheureusement, notre système veut que cela ne soit pas aussi simple. Il faut savoir qu’il n’y a pas d’ULIS ou de SEGPA dans chaque collège et qu’il est possible de parcourir quelques dizaines de kilomètres pour en trouver une.

    Une fois le lieu de scolarisation adapté trouvé, il faut encore qu’il reste de la place à cet endroit. L’élève étant hors secteur cela s’avère encore plus compliqué. Que faire quand il n’y a pas de place en SEGPA, en ULIS voir même en IME ?

    Eh bien, les élèves iront en classe ordinaire ! Ils iront dans « la jungle » pour eux qui ne sont pas faits pour aller dans des classes bondées de 29 à 30 élèves. Ils ont des besoins éducatifs particuliers et on va les envoyer en enfer pour eux.

    Bien sûr, les enseignants et les équipes de directions peuvent prendre le problème à bras le corps et essayer de trouver des solutions. Malgré tout, ils sont confrontés au problème des listes d’attentes. Dans mon coin, c’est deux ans pour une place en IME ! Je récupère des élèves d’une SEGPA voisine qui est pleine à craquer. Nous n’avons donc pas les moyens d’orienter chaque élève vers la structure qui lui convient en France.

    Cela a un impact sur l’élève évidemment, mais aussi sur la famille. N’oublions pas que beaucoup de parents de nos élèves en difficultés ont des parcours tumultueux avec l’école. Ils ont de mauvais souvenirs, une stigmatisation voire un rejet de l’école. Nous aggravons cela en ne respectant pas la scolarité de leurs enfants et l’école voit son image encore plus dégradée.

    Cela va engendrer une nouvelle génération de déçue de l’éducation nationale quand les élèves deviendront parents et qu’ils reproduiront le schéma déjà connu dans leur enfance et dans celle de leurs propres parents.

    Il en va de même pour les réorientations en SEGPA qui peuvent être refusées pour des raisons que l’on trouve injustifiées et qui sont compliquées à expliquer à des parents qui sont en souffrance de voir leur enfant s’enliser dans le général. Il faut rendre cette orientation humaine et non politique. Nous parlons d’enfants qui ont des besoins, de vies d’adultes que les enseignements spécialisés vont aider à construire sereinement. Malheureusement, nous nous retrouvons devant un mur qu’est le système. Trop peu souple pour bien comprendre que ce sont des humains qui souffrent et non des noms sur des dossiers après certaines décisions.

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  • Ce matin, une amie m'a envoyé un texte sur la SEGPA écrit par une collègue et ses élèves. Cela m'a fait penser à ce texte écrit il y a déjà deux ans avec mes 3e de l'époque. Je voulais vous le partager, il est criant de vérité : 

    On va vous raconter notre vécu

    Vous expliquer comment nous sommes vus.

    La SEGPA est une classe comme les autres,

    À cause de vous, nous sommes couverts de honte.

    Vous dites que notre avenir est sans métier,

    Mais le vôtre est-il fondé ?

     

    Nous sommes comme vous au collège,

    Pourquoi nous jeter comme des boules de neige ?

    On a les mêmes horaires, les mêmes idées.

    On travaille bien,

    On vous parle bien,

    Alors, pourquoi nous critiquer ?

     

    Vous traitez la SEGPA,

    Mais vous ne nous connaissez pas.

    Vous vous moquez de nous,

    Vous êtes critiques

    Mais au fond de nous

    Nous sommes identiques.

     

    Vous pensez qu’on ne sait pas apprendre

    Mais au fond de vous,

    Vous savez qu’on apprend à ne pas devenir comme vous.

    Nous avons de l’énergie à revendre,

    Plein de bonne volonté,

    Tout cela nous permet de résister.

     

    Vous pouvez nous critiquer,

    Nous savons ne pas vous écouter.

    Vous dites que l’on est fou,

    Mais c’est vous qui nous pensez fous.

    La honte est une humiliation

    Qui est notre source de motivation.

     

    Vous traitez la SEGPA,

    Mais vous ne nous connaissez pas.

    Vous vous moquez de nous,

    Vous êtes critiques

    Mais au fond de nous

    Nous sommes identiques. 

     

    Vous dites que nous n’avons pas d’avenir,

    Garder cela dans vos souvenirs,

    Plus tard, vous verrez notre réussite,

    Nous réaliserons nos rêves,

    Nous gagnerons cette épreuve,

    Préparez-vous pour la suite.

     

    Vous traitez la SEGPA,

    Mais vous ne nous connaissez pas.

    Vous vous moquez de nous,

    Vous êtes critiques

    Mais au fond de nous

    Nous sommes identiques.

     

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  • Il est l’heure de faire un premier bilan de cette rentrée au collège. Pour moi, il faut d’abord faire une comparaison avec le monde médical. Cette rentrée au collège est une sorte de réanimation de la vie scolaire.

    Cette vie où il y a un bruit de fond permanent, où l’établissement est une micro-société toujours en mouvement.

    Comme pour tout, le confinement a stoppé net cela. Le collège s’est révélé être un lieu sombre et froid qui ne donne envie n’a personne. C’était un lieu inanimé qui devait reprendre vie.

    En ce sens, l’ouverture est une bonne chose. Malgré tout, ce lundi matin l’ambiance était pesante. Le masque cachait les sourires. J’ai retrouvé 3 de mes 21 élèves et j’ai vu dans leurs yeux la peur, le dégoût et la tristesse des conditions qui sont pourtant nécessaires.

    En arpentant le collège, j’ai remarqué l’ambiance pesante qui caractérisait le collège vide … alors que là quelques 80 élèves étaient là. Ce fut un moment rude, mais comme souvent, la réalité et le quotidien vont pouvoir reprendre le dessus.

    Je me suis rendu compte que cette appréhension collective est devenue une force et qu’une fois les mots posés, toutes les distorsions, les conflits et les chamailleries de prérentrée se sont estompés.

    Ce lundi fut magique en ce sens. Le collège se réanima au fur et à mesure de la journée. Les sourires effacés du matin pouvaient se lire sur les joues dans la journée. Vous n’imaginez pas la joie que peut procurer un fou rire dans une classe après deux mois de silence. Le collège reprend vie. La journée de mardi n’a fait que confirmer cette tendance. De nouvelles habitudes se prennent assez vite chez les élèves et une certaine routine se met en place. Nous avançons main dans la main et le collège reprend vie.

    Malgré tout, il ne faut pas oublier à quel prix se fait cette rentrée. Elle est coûteuse en énergie, en argent et aussi en émotions. Nous sommes dans une bulle sanitaire qui porte vraiment les caractéristiques d’une bulle. Nous devons nous habituer à de nouvelles pratiques qui ne sont pas forcément simples à respecter et qui l’hiver, vont être complexes. Je pense à l’aération des salles qui va se révéler un problème majeur. Cette bulle met donc sous vide le collège. Beaucoup de règles sont présentes, les élèves réagissent bien c’est parfait, mais malheureusement dès que l’on sort de la bulle la réalité nous emporte.

    Le constat est unanime, beaucoup d’élèves qui sont en 4e et 3e sortent voir leurs amis, les relations sociales sont importantes et même vitales dans certains cas surtout lorsque l’on est à 7 dans un appartement de 50m2. Mais aucune règle de distanciation sociale n’est respectée. Ce sont ces élèves qui vont, peut-être, rentrer dans le collège dans moins de 15 jours. Alors oui, le collège est une bulle sanitaire, mais il ne faut pas oublier que le contour de celle-ci est attaqué par un manque de respect des règles. Cela amène en moi un sentiment de rage, mais aussi de frustration. Je dois passer ma journée à me sur protégé dans un monde où l’ignorance et l’individualisme fait prendre des risques à chacun.

    J’ai donc peur que cette rentrée aseptisée soit une rentrée qui tombe à l’eau. Que le collège qui sort de réanimation progressivement avec deux sans respirer, soit obligé de retourner dans cet état de mort cérébrale à cause de personnes qui ne respectent pas les règles ni même les autres.

    Ces ados ont compris que le virus était moins dangereux pour eux, mais pas forcément que les profs, leurs parents ou leurs grands-parents eux étaient plus à risques. Cette société de l’individualisme, du chacun pour soi et de l’ignorance fait trop de ravage dans un monde où la peur règne et/ou le sanitaire montre à quel point nous sommes vulnérables.

    Il y aura un avant et un après-covid 19, cette rentrée le prouve et j’espère que l’on va en tirer de bonnes choses, car malgré tous ces deux jours furent synonymes d’espoir et il faudra en tirer tout le positif afin de continuer d’avancer pour former les futurs adultes de la société de demain.

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  • Depuis le 11 mai, nous pouvons de nouveau sortir, les écoles rouvrent progressivement et les collèges vont emboiter le pas dès le 18 mai.

    Les réseaux sociaux et les médias montrent ses images de joie et de retrouvailles. C’est très bien et il faut être positif durant cette période compliquée à plusieurs titres.

    Cependant, n’occultons pas la réalité. Les réseaux sociaux ont tendance à cultiver le bonheur à outrance et à romancer la vie pour ne montrer que les joies sans prendre le temps de prendre ce recul nécessaire. Dans ce texte, je voudrais donc mettre en valeur la réalité du terrain.

    Cette dernière est beaucoup plus sombre qu’il n’y parait. Derrière ces sourires, ces apéros qui passent du virtuel au réel, ces écoliers et enseignants heureux de se retrouver se cache une partie bien moins rose et bien moins visible.

    Nous avons tendance à oublier que pour que ces sourires reviennent, les directeurs d’écoles ont abattu un travail à la limite de l’épuisement et que certains sont même lessivés par ces derniers jours. Nous avons aussi oublié que derrière les sourires tant vantés par les médias se cache un protocole irréalisable à la lettre et qui cause bien des maux de tête aux personnels de direction.

    Il a aussi, avec cela, des tensions qui se créent dans les équipes, car chacun vit le déconfinement à sa manière. La pluralité est bafouée au prix d’un individualisme qui est compréhensible tant chaque personne est unique.

    N’oublions pas aussi les personnes pour qui le confinement a été un calvaire, qui garderont des séquelles à vie et qui ont fait basculer leur vie. N’oublions pas ces enseignants pour qui la continuité fut un calvaire à organiser.

    Nous ne montrons pas assez la réalité du terrain. Je pense à cette élève croisée jeudi qui a fondu en larmes en nous voyant, nous, ses enseignants. N’oublions pas la détresse psychologique causée par le confinement ou par le retour dans des établissements qui ressemblent à tous sauf à des établissements scolaires. J’ai en tête cette image de parents choqués en voyant comment un collège peut se transformer avec le protocole en bunker sanitaire.

    Cette période est aussi celle des retrouvailles avec la famille et les amis. C’est un moment réjouissant, mais il ne faut pas oublier qu’une partie de la population ne peut aussi partager ses moments, car elle doit rester prudente pour protéger ses proches ou même soi-même. Cela crée aussi une certaine détresse ou en tout cas un spleen et il reste peu de place pour qu’ils s’expriment ou alors ils n’intéressent pas, car cela ne correspond pas au côté positif que la société veut véhiculer du déconfinement.  

    Ce texte est donc pour eux, les oubliés des réseaux et de l’hypocrisie qui peut exister. Il ne faut pas oublier la partie immergée de l’iceberg au risque de se rendre compte des immenses dégâts bien plus tard.

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  • En ce soir de vacances, je voudrais faire un bilan de cette période. 

    J'ai beaucoup écrit, beaucoup râlé sur la fracture numérique, sur l'oubli du C.F.G, sur les inégalités de la continuité ... mais cette période si spéciale que nous traversons apporte aussi son lot de satisfaction. 

    Alors je ne vais pas parler du fait que mes élèves travaillent, découvrent de nouvelles méthodes pour s'instruire et bien d'autres choses ... non je vais parler du lien avec les parents. 

    Dans mon cas, je n'ai pas de soucis avec les familles. Mon rôle de directeur fait que je les fréquente toutes assez souvent dans l'année et que je dialogue beaucoup avec eux.

    Avant le confinement, je sentais de temps en temps de la méfiance, une peur de l'institution, un peu de rejet aussi par rapport à l'école. J'ai eu parfois du mal à nouer le dialogue, à avancer, à les joindre, à construire le projet de leur enfant. 

    Et puis, depuis le 13 mars, tout a changé. Le confinement a bousculé les équilibres, il a changé l'équation et les relations ont évolué. 

    Une relation de confiance s'est installée naturellement, nous sommes avec la continuité pédagogique rentrés dans le quotidien des familles en les appelant une à deux fois semaine. Les barrières sont tombées. Les parents sont avec nous maintenant encore plus qu'avant. 

    Ils nous suivent, nous écoutent et sont demandeurs, ils ont aussi besoin de parler. Certaines familles isolées ont très peu de vie sociale et notre présence est réconfortante. Nous prenons le temps de les écouter (chose que l'on ne peut pas faire au collège) et ils apprécient. 

    Preuve en est, chaque appel ou mail est ponctué d'un mot simple : merci. 

    Ce mot peut paraître dérisoire, mais il est immense. Certaines familles ont été déçues par l'école et ont peur de rentrer dans l'enceinte de l'établissement. Il aura fallu que l'école rentre dans la sphère familiale pour retrouver ce lien. 

    Nous travaillons main dans la main pour la réussite de leurs enfants. Je vois bon nombre de parents, pourtant pas forcément à l'aise avec l'école, corriger avec leurs enfants les devoirs, expliquer les choses, nous demander des précisions ou des reformulations. Ils se sont investis dans la scolarité de leurs enfants et cela va profondément changer la suite de la scolarisation en SEGPA de leurs élèves.

    Alors ce soir, je voulais aussi leur dire tout simplement merci. 

    Merci de nous suivre au quotidien dans nos pédagogies. Merci de suivre les élèves et de prendre ce temps avec eux. Merci de répondre au téléphone et de nous solliciter. Merci de votre collaboration qui s'il elle n'existait pas mettrait en péril la continuité pédagogique. Merci pour votre dévouement !

     

    Vous l'aurez compris ce soir je voudrais dire merci aux parents de mes élèves et à dans 15 jours pour continué ce travail si fabuleux qu'est d'enseigner même à distance ! 

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  • Une nouvelle semaine de confinement commence avec son lot de découverte sur la continuité pédagogique. Depuis quelques jours, des craintes apparaissaient sur l'utilisation de l'outil numérique par les familles. 

    Avec mes collègues, nous avons observé cette fragilité. Malgré tout, les familles pouvant imprimer dans la majorité des cas, ils arrivaient à contourner le problème. 

    Pour les autres, des envois papier étaient déjà effectués ce qui empêchait les soucis. 

    Mais hier soir, la réalité est revenue ... et elle a touché de plein fouet les familles. L'encre vient à manquer dans beaucoup de foyers. Vous allez me dire que les solutions sont simples et multiples ce qui est vrai, mais voici la triste réalité.

    Les familles pourraient acheter de l'encre, sauf qu'il n'y en a pas forcément dans les magasins (eh oui petite ville de campagne) et que surtout cela représente un budget. Certaines familles aimeraient le faire ... mais la réalité économique l'emporte. Le chômage partiel les touche et les fins de mois vont être difficiles dès avril. Il faut compter les dépenses et l'encre n'est clairement pas une priorité quand on doit nourrir une famille. 

    L'autre solution serait de remplir directement les devoirs sur l'ordinateur. Pour cela (et depuis le début), nous fonctionnons avec des fichiers word ou open office. Le problème ici est multiple.

    Premièrement, s'il y a plusieurs enfants dans la famille, le temps devant l'ordinateur est compté et ce n'est pas simple à gérer.

    Deuxièmement, il faut déjà avoir un ordinateur pour compléter les documents. Certains sont sur tablette, d'autres sur téléphone, il existe autant de situations différentes que de familles à gérer.

    Enfin, le point le plus important et le plus simple à comprendre : certaines familles ou enfants ne savent tout simplement pas faire. Remplir un document relève du défi pour eux. Ils ne savent pas s'y prendre. 

    Comme quoi, même en ayant du matériel, il faut savoir l'utiliser afin d'avoir une continuité satisfaisante. 

    Cette situation pèse sur les familles et de là va découler plusieurs symptômes comme la démotivation, les tensions familiales ou bien encore le sentiment d'abandon. 

    Le travail est donc beaucoup moins régulier, les parents lâchent aussi et l'écart continue de se creuser. 

    Je ne critique en rien la continuité qui est nécessaire et même vitale. J'apporte là des constats et mes craintes. 

    Cela donne aussi des pistes de travail, il faut apprendre aux élèves à se servir encore plus du numérique. Il faut pour cela en avoir les moyens. La SEGPA dans laquelle je travaille dispose d'une salle informatique rien qu'à elle. C'est une chance que peu de monde a. 

    Cette continuité aura le mérite de montrer que la fracture numérique est un frein à l'égalité des chances. Mes élèves qui sont déjà à besoins éducatifs particuliers sont pénalisés par ce manque d'accès au numérique, mais aussi par le manque de formation. Enfin, l'aspect financier va commencer à les toucher et là cela devient dramatique, car il y a peu de parades pour lutter contre cela.

    En ce début de 4e semaine de confinement, je me sens donc triste et résigné. Je dois colmater des brèches sans outils enfin si avec un seul et unique outil qui est la parole, les appels et le soutien que je peux avec mon équipe apporter aux familles. 

    Nous faisons de notre mieux, mais force est de constater que c'est une continuité de la fracture qui s'impose et non une continuité pédagogique ! 

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  • Aujourd'hui, je voulais vous parler du C.F.G qui est le grand oublié des différentes prises de paroles de notre ministre ce week-end. 

    Cela montre que ce diplôme est méconnu voir inconnu pour énormément de personnes et il mérite d'être mis en valeur car pour certains élèves, c'est un des seuls diplômes qu'il auront dans leur vie scolaire. 

    Tout d'abord C.F.G veut dire Certificat de formation générale. Ce diplôme atteste d'un niveau de compétence de fin de cycle 3 en français et en mathématiques. Il s'adresse aux élèves pour qui le Brevet des collèges série professionnelle s'annonce compliqué. Il est passé en fin de scolarité au collège. 

    Il est aussi accessible aux adultes, qui le passent en candidat libre afin d'attester un niveau de français pour l'obtention d'un titre de séjour par exemple. 

    Autre particularité, il ne faut pas forcément être dans le système scolaire pour le passer et il comporte 2 sessions. Une en janvier (pour les non-scolaires et quelques exceptions (Prison, C.E.F, ...)) et une en juin. 

    Le CFG est le principal diplôme préparé en SEGPA, EREA, ULIS collège, IME, C.E.F, Prison ... C'est le diplôme pour les élèves à besoin éducatif particulier. 

    Pour les candidats scolaires, afin d'obtenir son C.F.G, il faut passer un oral qui porte sur un dossier de 5 à 10 pages que le candidat aura construit et qu'il devra présenter dans une présentation suivi d'un entretien pour une durée totale de 20 minutes. Ce dossier aura pour thème un stage ou les stages du candidat mais il est possible aussi de le faire sur une passion, un métier ou une formation que l'on souhaite présenter. Les élèves obtiendront une note sur 160 points qui sera combiné avec le contrôle continu pour l'obtention ou non du CFG. Le contrôle continu est un contrôle en cours de formation sur les 5 compétences du cycle 3 du socle commun, ce qui veut dire que ce contrôle continue commence dès le début de 6e avec la validations des compétences.

    Pour les candidats individuels, en plus de l'oral, il y a deux épreuves écrites d'une heure chacune. Les épreuves ont lieu en français et en mathématiques. Chacune est notée sur 120 points. 

    Dans les deux cas, il faut obtenir 200 points pour avoir le C.F.G.

    Souvent, en SEGPA, la passation du C.F.G est couplée avec celle du DNBpro. Malgré tout, ce n'est pas généralisé et je tiens à le préciser. Dans mon cas, j'accorde une aussi grande importance aux deux diplômes, c'est pourquoi il me paraissait important de vous l'expliquer. 

    Mes élèves travaillent dessus depuis septembre. Nous évoquons l'oral et nous nous entraînons toute l'année pour cet examen. Après les annonces, les parents nous ont directement demandé des nouvelles pour le C.F.G preuve de l'importance de ce diplôme pour les familles aussi. 

     

    C'est donc pour cela qu'une présentation s'imposait !

     

    Voici des liens officiels si vous voulez plus d'informations sur ce diplôme :

    https://eduscol.education.fr/cid46764/certificat-de-formation-generale.html

    https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000032962874&categorieLien=id

    https://www.education.gouv.fr/le-certificat-de-formation-generale-10823

    https://www.legifrance.gouv.fr/affichCode.do;jsessionid=631F9CE14D2C9230FAAD90CD0E7EB139.tplgfr37s_3?idSectionTA=LEGISCTA000006166849&cidTexte=LEGITEXT000006071191&dateTexte=20190924

    https://www.education.gouv.fr/bo/16/Hebdo25/MENE1615562N.htm?cid_bo=103178

     

     

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  • Nous, enseignants de France, professeurs des écoles, du secondaire, enseignants spécialisés...

     

    Nous assurons la continuité pédagogique de notre mieux mais...

    ...nous refusons de mettre en difficulté nos élèves et leurs familles !

     

    Nous avons à cœur d'accompagner tous nos élèves dans cette période compliquée, en maintenant un lien avec eux pour les aider aux mieux malgré les circonstances.

     

    Nous qui avons toujours en tête de faire progresser chaque élève au mieux, aujourd'hui, nous sommes confrontés à de nombreuses limites et inégalités criantes :

    - certaines familles n'ont pas d'ordinateur ni d'imprimante, d'autres n'ont aucun accès à internet... nous avons des outils numériques formidables mais la fracture numérique ne doit pas prendre le pas sur l'égalité des chances

    - certains parents sont réquisitionnés et épuisés, tant moralement que physiquement

    - certains sont seuls avec des enfants de différents niveaux scolaires, sans lieu ni matériel pour que chacun puisse avoir du temps pour travailler

    - dans certaines familles, personne n'est en mesure de comprendre les consignes des enseignants, il y a des adultes en situation d'illettrisme, de handicap, des personnes allophones, qui malgré toute leur volonté ne peuvent répondre aux exigences de l’Éducation nationale

    - des familles d'accueil gèrent du mieux qu'elles peuvent, malgré les visites aux parents annulées

    - des élèves en situation de handicap sans SESSAD, sans orthophonie, sans soins, sans visite de travailleurs sociaux, des élèves malades, hospitalisés...

    - des contextes familiaux très complexes, parfois même violents...

    - des familles où les préoccupations extérieures, la maladie, l'absence de proches, l'épidémie perturbent le quotidien...

     

    Nous avons chaque jour des retours de parents dont les enfants sont très angoissés, de parents qui ne se sentent pas assez compétents et culpabilisent beaucoup, affolées pour la scolarité de leurs enfants.

    Nous ne voulons pas que le travail scolaire cristallise les angoisses et conflits familiaux.

     

    Nous voulons apporter des idées et propositions pour accompagner et nourrir les élèves qui en ont envie, pour encourager tous ceux qui en ont besoin. Nous affirmons donc notre solidarité avec les familles les plus démunies et notre prise en compte de chacun de nos élèves, quelle que soit leur situation personnelle et familiale ! Nous voulons aider, accompagner, rassurer.


    Nous refusons d'exiger une cadence de travail à tous, d'exiger des rendus de devoirs et évaluations qui ajoutent de la détresse pour les élèves et familles les plus en difficulté. Nous refusons d'ajouter à la pression et aux complications de cette période exceptionnelle.

     

    Les apprentissages, aussi essentiels soient-ils à nos yeux, ne doivent pas prendre le pas sur le bien-être de nos élèves. Les événements n'autorisent aucune dérogation aux valeurs communes d’égalité et de fraternité de l’école publique.

     

    La priorité actuelle est à la santé physique, affective, mentale et psychique de chacun de nos élèves. Nous ferons de notre mieux pour accompagner et faire progresser chacun, selon son rythme, son vécu et ses difficultés propres dès le retour en classe. D'ici là, laissons chacun faire au mieux de ses possibilités, avec notre aide, notre soutien, notre bienveillance. Nous leur faisons pleinement confiance pour se mettre au travail à nos côtés avec enthousiasme comme ils le font à chaque rentrée scolaire et à chaque retour après une période d'absence.

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  • En ce début de week-end, je voudrais adresser un message d'amour à une partie de l'éducation nationale sans qui les SEGPA ne seraient rien ou pas grand-chose : les PLP. 

    Ces professeurs de lycée professionnel, qu'ils soient contractuels ou titulaires, permettent à nos élèves d'aller en atelier. Cela prend de multiples formes (Habitat, HAS, Production Industrielle, Espace rural et environnement ou bien Vente-Distribution-Logistique). Sans eux, nos élèves ne pourraient pas découvrir de nombreux métiers, être conseillés pour leur orientation, pratiquer, faire des stages, évoluer en tant que futur travailleur et j'en oublie. 

    Sans eux, nous les PE, nous serions bien seuls dans les collèges. Ils font partie des équipes de SEGPA et c'est pour notre plus grand bonheur. Les PLP ont une vision différente des élèves. Ces derniers ne se comportent pas de la même façon en atelier qu'en classe, ils leur permettent d'exprimer des choses qu'une feuille et un stylo ne peuvent pas faire. Il faut voir la fierté des élèves quand ils finissent une production et qu'ils viennent nous voir. 

    Sans eux, pas d'atelier qui représente une énorme partie des cours de 3e et une bonne partie aussi en 4e. Les PLP vont aussi gérer les stages, aller discuter avec les patrons, chercher des lieux de stage, parler apprentissage et faire évoluer l'élève vers le choix de son orientation. 

    Ils sont aussi là pour nous quand on est avec les 6e et les 5e qui seront leurs futurs élèves. Ils viennent les voir, proposent des découvertes d'ateliers et font aussi grandir ces élèves. Ces derniers les apprécient aussi et cela permet une arrivée dans les ateliers plus simple.

    Sans eux, il y aurait moins de projets pédagogiques et moins de vie dans les SEGPA. Ils sont là pour faire vivre, faire parler et ouvrir les portes de la SEGPA. Leurs projets sont plus porteurs pour les élèves et quelle joie de les voir déambuler dans le collège afin de montrer leurs productions ou même de les vendre lorsqu'ils sont en cuisine.

    Alors, je sais, certains me diront que leurs PLP ne sont pas parfaits qu'ils ne font pas le tiers de ce que j'ai dit mais en attendant je tiens à remercier les PLP de ma SEGPA et les PLP en général pour leur travail de qualité qui est essentiel à la bonne santé des SEGPA.

    C'est grâce à eux que nous pouvons aussi travailler dans de bonnes conditions et de bonnes ambiances. Ils ne sont pas assez reconnus selon moi alors ce soir je voudrais leur dire vraiment du fond du cœur MERCI.

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  • Ce premier billet d'humeur va prendre la forme d'un coup de gueule. Ces derniers temps, j'ai beaucoup échangé avec des enseignants (mais pas que) de tous horizons. Les discussions allaient toujours vers la même conclusion : le spécialisé est délaissé, qu'il s'agisse du premier comme du second degré. Il y a un manque criant de moyens et d'informations sur cette partie de l'école, qui est pourtant sur le devant de la scène de l'école inclusive prônée par le ministère.

    L'objectif ici n'est pas de critiquer mais bien de pointer les manques et de réfléchir à des améliorations possibles afin de donner ses lettres de noblesse au spécialisé et à ses équipes éducatives. 

    Les deux éléments qui reviennent souvent sont le manque de ressources venant de l'Education nationale et la mauvaise image des classes spécialisées. notamment des SEGPA, auprès du grand public ... mais aussi des enseignants. 

    "Classes de mongols", "sous-profs", "débiles", "bons à rien" sont des mots que l'on entend souvent et qui font mal aussi bien aux élèves qu'aux équipes en place. Comment, à l'heure actuelle, pouvons-nous être inclusifs si nos mentalités sont exclusives ? Il existe des solutions pour changer cela à différentes échelles. Sur le tissu local, le meilleur moyen est de faire vivre le spécialisé au travers de différents projets et de montrer ses richesses et ses qualités. Il faut donner une bonne image de nos établissements afin de contribuer au redressement de notre image. Il faut aussi informer et aider les profs à s'ouvrir vers ce monde qui fait si peur, qui n'inspire rien de bon si on ne le connaît que par ses "on dit ". 

    Il faut aussi permettre au grand public de connaître nos structures et ce que l'on y fait. Pour cela, Mediapart suit une SEGPA cette année. C'est un premier pas vers une ouverture d'esprit nécessaire à l'école inclusive. Cette école veut rassembler, mais elle démarre dans un contexte de division. Il faut donc passer par la pédagogie auprès de tous afin de mieux vivre ensemble. En ce sens, l'Education nationale doit jouer un grand rôle en fournissant aussi des programmes et un cadre au spécialisé ainsi que des moyens suffisants. Là encore, au travers de mes discussions j'ai pu voir que les établissements ne sont pas tous logés à la même enseigne.

    Ce manque de reconnaissance ressenti, exercé par l'Education nationale fait écho au manque d'informations envers les futurs et les jeunes enseignants dans les INSPE. 

    Lors de nos deux années de formations, peu de personnes ont eu des cours sur la SEGPA, l'IME, l'ULIS, l'ITEP, les centres éducatifs fermés, les services hospitaliers, les IEM, les réseaux d'aide et j'en oublie... Autant de lieux où un professeur des écoles, formaté pour être en maternelle ou en élémentaire, ne sait pas forcément qu'il peut être affecté. L'utopie va plus loin en pensant que l'on peut refuser ces affectations alors que devant le fait accompli on vous dira ... "c'est comme ça". Ces cas de figure arrivent surtout pour des jeunes tout juste sortis des bancs de l'école qui peuvent se retrouver à faire les nuits dans des établissements avec des adolescents. 

    Vous pouvez me dire que c'est une marge, mais elle existe et ne doit pas être moins bien considérée que l'enseignant qui a sa classe à l'année. Rien n'est dit sur les enseignements spécialisés et sa pédagogie si particulière à la fac. On le découvre sur le tas, on pleure, on s'accroche, on accroche ou bien on plonge comme certains de mes collègues. Il faut pouvoir se préparer à cela. Au mieux, il y a des modules non obligatoires. Au pire, il n'y a rien. En tout cas, il n'y a (à ma connaissance) presque jamais de stages dans ces établissements. Il devrait, pour moi, être obligatoire de voir une fois ce qu'est le spécialisé. C'est un long travail, mais il est possible et surtout il est voulu dans la majorité des cas par les futurs ou les jeunes enseignants avec qui j'ai pu parler. 

    Le dernier point de ce billet va concerner les éditeurs qui ne jouent pas le jeu du spécialisé. A ma connaissance, il n'existe que très peu de livres concernant la pédagogie (si spécifique) du spécialisé. Il faudrait un livre pour la SEGPA, un pour l'ULIS...

    Le dernier en date concernant la SEGPA date de 2000. Autant dire un passé lointain où l'école inclusive n'avait pas la place prépondérante qu'elle a en 2019. Je comprends la logique de rentabilité des éditeurs. Les enseignements spécialisés ne représentent qu'une partie minime des enseignants mais ils existent et ont aussi le droit à des ouvrages, des ressources et des sites afin de les aider. Nombre de mes collègues piochent sur les blogs du spécialisé les premiers mois afin de faire leurs cours et de préparer au mieux leur classe. 

    Certes il existe certains ouvrages, je pense, aux éditions RETZ, qui font des livres pour la 6e SEGPA ou bien à HACHETTE et ses manuels pour l'histoire géographie en SEGPA au cycle 4. Mais j'insiste : aucun livre pédagogique. Il faut donc prendre conscience du saut dans le vide quand un jeune titulaire première année est envoyé dans le spécialisé le 30 août pour une rentrée en septembre. Aidons ces collègues en réalisant des livres sur le spécialisé, peut-être édités à faible tirage afin de réduire les coûts mais éditons-les pour ne plus les laisser seuls.

     

    C'est donc tout cet ensemble qui ressort de mes conversations. Je ne fais que ressortir les points dont on m'a parlé et que je considère comme des piliers de ce qui pourrait être la base de notre école inclusive. Il faut aider les enseignants à se sentir bien en classe et les aider pédagogiquement. C'est comme cela que nous aiderons les élèves à prendre confiance en eux et que nous les valoriserons au mieux car ils méritent que l'on s'occupe dignement d'eux sans être dénigrés.

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