• En ce début de week-end, je voudrais adresser un message d'amour à une partie de l'éducation nationale sans qui les SEGPA ne seraient rien ou pas grand-chose : les PLP. 

    Ces professeurs de lycée professionnel, qu'ils soient contractuels ou titulaires, permettent à nos élèves d'aller en atelier. Cela prend de multiples formes (Habitat, HAS, Production Industrielle, Espace rural et environnement ou bien Vente-Distribution-Logistique). Sans eux, nos élèves ne pourraient pas découvrir de nombreux métiers, être conseillés pour leur orientation, pratiquer, faire des stages, évoluer en tant que futur travailleur et j'en oublie. 

    Sans eux, nous les PE, nous serions bien seuls dans les collèges. Ils font partie des équipes de SEGPA et c'est pour notre plus grand bonheur. Les PLP ont une vision différente des élèves. Ces derniers ne se comportent pas de la même façon en atelier qu'en classe, ils leur permettent d'exprimer des choses qu'une feuille et un stylo ne peuvent pas faire. Il faut voir la fierté des élèves quand ils finissent une production et qu'ils viennent nous voir. 

    Sans eux, pas d'atelier qui représente une énorme partie des cours de 3e et une bonne partie aussi en 4e. Les PLP vont aussi gérer les stages, aller discuter avec les patrons, chercher des lieux de stage, parler apprentissage et faire évoluer l'élève vers le choix de son orientation. 

    Ils sont aussi là pour nous quand on est avec les 6e et les 5e qui seront leurs futurs élèves. Ils viennent les voir, proposent des découvertes d'ateliers et font aussi grandir ces élèves. Ces derniers les apprécient aussi et cela permet une arrivée dans les ateliers plus simple.

    Sans eux, il y aurait moins de projets pédagogiques et moins de vie dans les SEGPA. Ils sont là pour faire vivre, faire parler et ouvrir les portes de la SEGPA. Leurs projets sont plus porteurs pour les élèves et quelle joie de les voir déambuler dans le collège afin de montrer leurs productions ou même de les vendre lorsqu'ils sont en cuisine.

    Alors, je sais, certains me diront que leurs PLP ne sont pas parfaits qu'ils ne font pas le tiers de ce que j'ai dit mais en attendant je tiens à remercier les PLP de ma SEGPA et les PLP en général pour leur travail de qualité qui est essentiel à la bonne santé des SEGPA.

    C'est grâce à eux que nous pouvons aussi travailler dans de bonnes conditions et de bonnes ambiances. Ils ne sont pas assez reconnus selon moi alors ce soir je voudrais leur dire vraiment du fond du cœur MERCI.


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  • Ce premier billet d'humeur va prendre la forme d'un coup de gueule. Ces derniers temps, j'ai beaucoup échangé avec des enseignants (mais pas que) de tous horizons. Les discussions allaient toujours vers la même conclusion : le spécialisé est délaissé, qu'il s'agisse du premier comme du second degré. Il y a un manque criant de moyens et d'informations sur cette partie de l'école, qui est pourtant sur le devant de la scène de l'école inclusive prônée par le ministère.

    L'objectif ici n'est pas de critiquer mais bien de pointer les manques et de réfléchir à des améliorations possibles afin de donner ses lettres de noblesse au spécialisé et à ses équipes éducatives. 

    Les deux éléments qui reviennent souvent sont le manque de ressources venant de l'Education nationale et la mauvaise image des classes spécialisées. notamment des SEGPA, auprès du grand public ... mais aussi des enseignants. 

    "Classes de mongols", "sous-profs", "débiles", "bons à rien" sont des mots que l'on entend souvent et qui font mal aussi bien aux élèves qu'aux équipes en place. Comment, à l'heure actuelle, pouvons-nous être inclusifs si nos mentalités sont exclusives ? Il existe des solutions pour changer cela à différentes échelles. Sur le tissu local, le meilleur moyen est de faire vivre le spécialisé au travers de différents projets et de montrer ses richesses et ses qualités. Il faut donner une bonne image de nos établissements afin de contribuer au redressement de notre image. Il faut aussi informer et aider les profs à s'ouvrir vers ce monde qui fait si peur, qui n'inspire rien de bon si on ne le connaît que par ses "on dit ". 

    Il faut aussi permettre au grand public de connaître nos structures et ce que l'on y fait. Pour cela, Mediapart suit une SEGPA cette année. C'est un premier pas vers une ouverture d'esprit nécessaire à l'école inclusive. Cette école veut rassembler, mais elle démarre dans un contexte de division. Il faut donc passer par la pédagogie auprès de tous afin de mieux vivre ensemble. En ce sens, l'Education nationale doit jouer un grand rôle en fournissant aussi des programmes et un cadre au spécialisé ainsi que des moyens suffisants. Là encore, au travers de mes discussions j'ai pu voir que les établissements ne sont pas tous logés à la même enseigne.

    Ce manque de reconnaissance ressenti, exercé par l'Education nationale fait écho au manque d'informations envers les futurs et les jeunes enseignants dans les INSPE. 

    Lors de nos deux années de formations, peu de personnes ont eu des cours sur la SEGPA, l'IME, l'ULIS, l'ITEP, les centres éducatifs fermés, les services hospitaliers, les IEM, les réseaux d'aide et j'en oublie... Autant de lieux où un professeur des écoles, formaté pour être en maternelle ou en élémentaire, ne sait pas forcément qu'il peut être affecté. L'utopie va plus loin en pensant que l'on peut refuser ces affectations alors que devant le fait accompli on vous dira ... "c'est comme ça". Ces cas de figure arrivent surtout pour des jeunes tout juste sortis des bancs de l'école qui peuvent se retrouver à faire les nuits dans des établissements avec des adolescents. 

    Vous pouvez me dire que c'est une marge, mais elle existe et ne doit pas être moins bien considérée que l'enseignant qui a sa classe à l'année. Rien n'est dit sur les enseignements spécialisés et sa pédagogie si particulière à la fac. On le découvre sur le tas, on pleure, on s'accroche, on accroche ou bien on plonge comme certains de mes collègues. Il faut pouvoir se préparer à cela. Au mieux, il y a des modules non obligatoires. Au pire, il n'y a rien. En tout cas, il n'y a (à ma connaissance) presque jamais de stages dans ces établissements. Il devrait, pour moi, être obligatoire de voir une fois ce qu'est le spécialisé. C'est un long travail, mais il est possible et surtout il est voulu dans la majorité des cas par les futurs ou les jeunes enseignants avec qui j'ai pu parler. 

    Le dernier point de ce billet va concerner les éditeurs qui ne jouent pas le jeu du spécialisé. A ma connaissance, il n'existe que très peu de livres concernant la pédagogie (si spécifique) du spécialisé. Il faudrait un livre pour la SEGPA, un pour l'ULIS...

    Le dernier en date concernant la SEGPA date de 2000. Autant dire un passé lointain où l'école inclusive n'avait pas la place prépondérante qu'elle a en 2019. Je comprends la logique de rentabilité des éditeurs. Les enseignements spécialisés ne représentent qu'une partie minime des enseignants mais ils existent et ont aussi le droit à des ouvrages, des ressources et des sites afin de les aider. Nombre de mes collègues piochent sur les blogs du spécialisé les premiers mois afin de faire leurs cours et de préparer au mieux leur classe. 

    Certes il existe certains ouvrages, je pense, aux éditions RETZ, qui font des livres pour la 6e SEGPA ou bien à HACHETTE et ses manuels pour l'histoire géographie en SEGPA au cycle 4. Mais j'insiste : aucun livre pédagogique. Il faut donc prendre conscience du saut dans le vide quand un jeune titulaire première année est envoyé dans le spécialisé le 30 août pour une rentrée en septembre. Aidons ces collègues en réalisant des livres sur le spécialisé, peut-être édités à faible tirage afin de réduire les coûts mais éditons-les pour ne plus les laisser seuls.

     

    C'est donc tout cet ensemble qui ressort de mes conversations. Je ne fais que ressortir les points dont on m'a parlé et que je considère comme des piliers de ce qui pourrait être la base de notre école inclusive. Il faut aider les enseignants à se sentir bien en classe et les aider pédagogiquement. C'est comme cela que nous aiderons les élèves à prendre confiance en eux et que nous les valoriserons au mieux car ils méritent que l'on s'occupe dignement d'eux sans être dénigrés.


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