• Déconfinement sous silence

    Depuis le 11 mai, nous pouvons de nouveau sortir, les écoles rouvrent progressivement et les collèges vont emboiter le pas dès le 18 mai.

    Les réseaux sociaux et les médias montrent ses images de joie et de retrouvailles. C’est très bien et il faut être positif durant cette période compliquée à plusieurs titres.

    Cependant, n’occultons pas la réalité. Les réseaux sociaux ont tendance à cultiver le bonheur à outrance et à romancer la vie pour ne montrer que les joies sans prendre le temps de prendre ce recul nécessaire. Dans ce texte, je voudrais donc mettre en valeur la réalité du terrain.

    Cette dernière est beaucoup plus sombre qu’il n’y parait. Derrière ces sourires, ces apéros qui passent du virtuel au réel, ces écoliers et enseignants heureux de se retrouver se cache une partie bien moins rose et bien moins visible.

    Nous avons tendance à oublier que pour que ces sourires reviennent, les directeurs d’écoles ont abattu un travail à la limite de l’épuisement et que certains sont même lessivés par ces derniers jours. Nous avons aussi oublié que derrière les sourires tant vantés par les médias se cache un protocole irréalisable à la lettre et qui cause bien des maux de tête aux personnels de direction.

    Il a aussi, avec cela, des tensions qui se créent dans les équipes, car chacun vit le déconfinement à sa manière. La pluralité est bafouée au prix d’un individualisme qui est compréhensible tant chaque personne est unique.

    N’oublions pas aussi les personnes pour qui le confinement a été un calvaire, qui garderont des séquelles à vie et qui ont fait basculer leur vie. N’oublions pas ces enseignants pour qui la continuité fut un calvaire à organiser.

    Nous ne montrons pas assez la réalité du terrain. Je pense à cette élève croisée jeudi qui a fondu en larmes en nous voyant, nous, ses enseignants. N’oublions pas la détresse psychologique causée par le confinement ou par le retour dans des établissements qui ressemblent à tous sauf à des établissements scolaires. J’ai en tête cette image de parents choqués en voyant comment un collège peut se transformer avec le protocole en bunker sanitaire.

    Cette période est aussi celle des retrouvailles avec la famille et les amis. C’est un moment réjouissant, mais il ne faut pas oublier qu’une partie de la population ne peut aussi partager ses moments, car elle doit rester prudente pour protéger ses proches ou même soi-même. Cela crée aussi une certaine détresse ou en tout cas un spleen et il reste peu de place pour qu’ils s’expriment ou alors ils n’intéressent pas, car cela ne correspond pas au côté positif que la société veut véhiculer du déconfinement.  

    Ce texte est donc pour eux, les oubliés des réseaux et de l’hypocrisie qui peut exister. Il ne faut pas oublier la partie immergée de l’iceberg au risque de se rendre compte des immenses dégâts bien plus tard.

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